Clipanorama #17

Chaque semaine, on vous propose une sélection des clips les plus cinématographiques du moment.

Par Quentin Moyon & Valentine Bounaud

Temps de lecture 10 min.

Sola

Clip

Ojos, Sola
Vous connaissez Elodie et Hadrien ? Ces deux Lyonnais, devenus partenaires musicaux durant leurs études d’architecture, ont sorti plusieurs albums et EP sous le nom d’Holy Two. Les revoilà avec un autre nom, Ojos, en hommage aux origines chiliennes d’Elodie. Après ses « Capsulas », des reprises en espagnol de classiques de la chanson françaises réalisées pendant le confinement (pour Cabrel, c’est par ici), et la sortie d’Hurucan, une première création originale, Ojos nous fait les yeux doux avec Sola, extrait de son premier EP attendu cet automne. Un morceau solaire, qui évoque le flow flamenco d’une Rosalia croisé avec la pop du trio francophone LEJ… Enthousiasmant ! Pour illustrer leur musique estivale, les deux archis ont collaboré avec le réalisateur Thibaut Charlut, qui les met en scène en mode vacances, dans la campagne et sur les bords de la mer. Les jeux de split-screen et d’incrustation pour matérialiser l’écran de l’appareil photo, la composition très poussée de certains plans, la lumière presque cramée des fins de journées estivales, et nos deux musiciens qui se la jouent devant la caméra… On se croirait presque dans le Spring Breakers d’Harmony Korine, avec ce quelque chose de sophistiqué et de sauvage à la fois. Qui va comme un gant à nos deux Lyonnais hispanophiles.

Lockdown

Clip

Anderson Paak, Lockdown
Pour commencer, des graffs engagés s’affichent sur l’écran en rouge et blanc sur fond noir. « Black Lives Matter », « All Cops are Bastards », « Fight the Power »… On comprend d’office que le nouveau morceau d’Anderson Paak, et le clip réalisé par Dave Meyers qui l’accompagne, auront la puissance d’un cri de colère. Sur des images d’animation qui donnent une représentation graphique aux manifestations contre les violences policières, la voix douce et funky du rappeur-producteur californien nous invite à le rejoindre « downtown » pour prendre part au changement, et à ne pas laisser l’argument du « lockdown » étouffer la rébellion populaire. Puis l’animation laisse place aux images live d’Anderson Paak et ses camarades après la manif, masques anti-Covid baissés sur des visages blessés, tristes, épuisés. Après la réunion solidaire dans un diner, la nuit se poursuit dans une errance à travers la ville, durant laquelle le rappeur croise des potes, donne des accolades et verse quelques larmes… jusqu’à se retrouver devant son piano pour tirer quelque chose d’artistique de toute cette frustration. Puis son fils se réveille et vient se blottir dans ses bras, alors que l’écran se remplit des noms des victimes de la brutalité policière. L’émotion culmine. Tout est dit.

The Light

Clip

Metronomy, The Light
Sorti en septembre dernier, l’album de Metronomy, sobrement intitulé Metronomy Forever, continue à faire parler de lui. Le groupe britannique vient en effet de dévoiler le clip du morceau The Light, une planante mélodie au rythme lancinant. Réalisée par Joseph Mount, la vidéo nous offre un petit voyage dans le temps, destination les années 90. Concrètement : une esthétique de VHS bien baveuse qui rappelle le codage RVB (Rouge Vert Bleu) des écrans à tube cathodique, une imagerie psychédélique ringarde où se croisent masques kitsch, jeans informes et blousons nylon… Bref, un aspect volontairement rétro qui pique un peu les yeux, mais permet au groupe né en 1999 de revenir aux sources, et de mettre en images l’esprit d’un album conçu comme une célébration de ses vingt ans de carrière. C’est pas beau, mais c’est rigolo.

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