Clipanorama #14

Chaque semaine, on vous propose une sélection des clips les plus cinématographiques du moment.

Par Quentin Moyon & Valentine Bounaud

Temps de lecture 10 min.

Dance Dance Dance

Clip

Astrid S, Dance Dance Dance
Envie de découvrir les coulisses de la création d’un clip ? Regardez celui de Dance Dance Dance, le nouveau morceau de la chanteuse électro-pop Astrid S, réalisé par ses soins avec l’aide de Mathias Tue et de Michael Rat Vera Cruz Angeles. Pas un vrai making off, plutôt un brainstorming fantasmé : on y voit la jeune Norvégienne et une amie discuter dans un canap’, et se mettre à imaginer la mise en scène du clip de leurs rêves, dont les images apparaissent en split-screen, et se transforment au gré de leur émulation créative. Fans des Sims, ce jeu vidéo qui permet de simuler le quotidien des personnages, les jeunes femmes s’en inspirent pour projeter leurs envies dans leur clip in progress. À la manière de deux enfants qui se racontent une histoire, elles changent le modèle et le coloris de la voiture, l’attitude, les protagonistes… Le tout dans une atmosphère girly assumée, qui fleure bon les années collège, et teinte l’expérience des deux vingtenaires d’une fine couche de nostalgie.

Défoncé

Clip

Roméo Elvis, Défoncé
Le confinement n’a pas bridé la créativité de Roméo Elvis : un an tout juste après son dernier album, Chocolat, qui déclinait ses états d’âme de garçon porté sur la résine de cannabis, le rappeur belge a envoyé en pleine quarantaine un nouvel EP intitulé Maison, dont le morceau phare, Défoncé, file la thématique. Jusque dans le clip, réalisé par Roman Habousha, qui nous fait rentrer dans un bad trip de l’artiste. Rythmé par une production aux beats doux et enivrants, signée La Miellerie & VYNK, et par le flow grave de Roméo Elvis, la vidéo suit le chanteur dans les étapes brumeuse d’une insomnie entrecoupée de cauchemars, entre chute à vélo et corps à corps torturé avec son matelas. Les filtres rouges se multiplient à mesure que ses pires angoisses prennent le dessus. Nous voilà confinés dans un cerveau en lutte avec ses démons. Sans concession.

12 Monckeys

Clip

Victor Solf, 12 Monkeys
Victor Solf lui non plus n’a pas chômé pendant le confinement. Seulement quelques mois après la sortie de son EP Aftermath, l’ancien membre du duo Her est de retour avec une mixtape expérimentale, composée de six morceaux aux accents pop et soul, quelque part entre Kanye West, Childish Gambino et Jamie XX. Une création que Victor Solf voulait instinctive, emprunte de liberté et de folie. Et pour faire écho à l’actu sanitaire, il l’a baptisée 12 Monkeys, en référence au film de Terry Gilliam (L’Armée des douze singes en VF), dans lequel une épidémie mondiale a décimé la population. Quant au clip, réalisé par Liswaya, qui avait déjà collaboré avec Her, c’est une illustration directe du confinement. On y voit Victor Solf, le crâne rasé façon Baleine dans Full Metal Jacket, enfermé dans une sorte d’atelier aussi dépouillé qu’exigu. D’un morceau et d’une ellipse temporelle à l’autre, au rythme des mouvements pendulaires d’une caméra-métronome et de ses propre mots, qui se surimpriment comme une litanie, le musicien change de tenue et d’humeur, médite, fait des pompes, se défoule ou s’abandonne à l’ennui, jusqu’à perdre peu à peu les pédales. Un huis-clos furieusement créatif !

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