Prévisions séries

Qu’est-ce qu’on regarde à la rentrée ?

Les séries sont de retour. D’accord, elles n’étaient pas vraiment parties… Bon bref, c’est la rentrée, et nos petits écrans vont fourmiller de nouveautés. Pour vous aider à faire le tri, Somewhere\Else vous propose sa petite sélection.

Par Paul Gombert & Caroline Veunac

Temps de lecture 10 min.

Raised by Wolves

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Un poids lourd SF : Raised by Wolves

HBO Max lance les hostilités dès le 3 septembre avec Raised by Wolves. Dans cette mystérieuse série de SF, créée par le scénariste de Prisoners Aaron Guzikowski, on suivra deux androïdes en charge d’élever des enfants humains sur une planète inconnue après que la Terre a été détruite. En grandissant, les membres de cette néo-colonie devront lutter pour ne pas s’entredéchirer, malgré leurs divergences religieuses latentes. On n’en sait pas beaucoup plus, si ce n’est que Raised by Wolves a fait grand bruit ces dernières semaines en basant ses coups de com’ sur un nom qui en impose : Ridley Scott. Que le vieux routard produise une énième série (ce qu’il fait très bien, comme en témoigne les excellentes The Terror, The Man in the High Castle ou Braindead) n’est pas un évènement en soi. Mais cette fois, plus exceptionnel, le papa d’Alien réalise lui-même les deux premiers épisodes. Au vu de l’ambiance visuelle très marquée aperçue dans la bande-annonce, on est très curieux de savoir ce que nous réserve le magicien Scott. On peut parier qu’il sera tout à fait dans son élément avec cette histoire de nouvelle civilisation humanoïde, à laquelle la plume retorse d’Aaron Guzikowski devrait donner toute l’ambiguïté requise.

Disponible le 3 septembre sur HBO Max aux États-Unis et prochainement sur Warner TV en France.

The Third Day

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Un thriller conceptuel : The Third Day
Jude Law. On pourrait s’arrêter là pour vous donner envie de regarder The Third Day. Après sa performance suprême dans The Young Pope/The New Pope de Paolo Sorrentino (peut-être le rôle de sa vie), l’acteur britannique pas moche revient sur nos petits écrans, et ça suffirait presque à notre bonheur. Cela dit, le pitch de cette mini-série, co-pilotée par le créateur d’Utopia Dennis Kelly et coproduite par Sky et HBO, fait grimper d’un cran notre curiosité : l’histoire, celle d’une mystérieuse île de la côte britannique peuplée d’habitants à la jovialité suspecte, est scindée en deux blocs narratifs interconnectés, de trois épisodes chacun. Le premier, centré sur l’été, raconte les péripéties de Sam (notre Jude Law, tourmenté à souhait) aux prises avec cette étrange communauté sectaire. Le second, qui se déroule en hiver, met en scène, dans le même décor, une jeune femme interprétée par Naomie Harris (qu’on s’apprête à retrouver au cinéma en Moneypenny, dans le prochain James Bond). Pour la petite histoire, un segment intermédiaire, baptisé « Automne », sera joué sur scène à Londres et diffusé en direct… mais seulement sur Sky, le diffuseur britannique. Les spectateurs français devront se contenter des deux autres segments, ce qui, compte tenu du pitch et du casting alléchants de la série (complété par Katherine Waterston, Emily Watson et Paddy Considine), ne devrait pas gâcher notre plaisir.

Disponible le 15 septembre sur OCS.

Ratched

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Une piqûre de pop culture : Ratched
Pas de vacances pour l’usine Ryan Murphy : pendant que vous vous doriez la pilule, l’auteur-producteur stakhanoviste – à peine terminées Hollywood et la dernière fournée de The Politician – a sorti de la matrice un nouveau fruit de sa collaboration avec Netflix. Comme d’hab’, Murphy, avec l’aide de son co-créateur Evan Romansky, s’empare d’un motif de la pop culture pour en faire l’univers tout entier de son nouveau joujou. Dans Ratched, il s’attache à la figure de l’infirmière, et même d’une infirmière en particulier : Mildred Ratched, la geôlière en blouse blanche qui faisait vivre un enfer à Jack Nicholson et ses comparses dans Vol au-dessus d’un Nid de Coucou, en 1976. Après Louise Fletcher, c’est à la muse de Murphy, Sarah Paulson, de prendre les traits de cette inoubliable sadique, dont la série reconstitue le passé, avant l’action du film de Milos Forman. Tel qu’on connaît Ryan Murphy, ce préquel sériel devrait avoir des allures de drame d’épouvante. Un peu comme si Nip/Tuck rencontrait American Horror Story dans le théâtre planté par le roman original de Ken Kesey et meublé par le décorum cinématographique de Forman. Un vrai mille-feuille de références, à consommer avec jubilation.

Disponible le 18 septembre sur Netflix.

Utopia

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Une bizarrerie sérielle : Utopia
Utopia, une nouveauté ? Vous avez bien lu. Terminée en 2014, la série britannique renaît de ses cendres, non pas sous la forme de la saison 3 réclamée par les fans depuis des années, mais sous celle d’un remake américain produit par Amazon Studios. Rangez vos fourches et vos flambeaux, cette nouvelle version a du potentiel. Un potentiel qui tient en deux mots : Gillian. Flynn. Après les adaptations de ses romans Gone Girl (dont elle a elle-même écrit le script pour le film de David Fincher) et Sharp Objects (transformé en mini-série par Marti Noxon), l’autrice des best-sellers les plus tordus de ces dernières années poursuit sa love story avec Hollywood, en s’attaquant cette fois à l’œuvre sérielle d’un autre. Si l’on en croit les éléments dont on dispose, la romancière devenue showrunneuse a opté pour une approche respectueuse de la série originale de Dennis Kelly. Une bande de jeunes adultes au destin lié, un énigmatique roman graphique comme MacGuffin, une conspiration gouvernementale et la fin du monde qui menace… Les ingrédients qui ont fait le succès de l’Utopia british sont bien au rendez-vous. Alors certes, David Fincher, un temps attaché au projet, a quitté le navire. Certes, le casting, où se côtoient John Cusak, Rainn ʺDwight Schruteʺ Wilson et la révélation d’American Honey Sasha Lane, est sympathiquement lose. Certes, les aficionados d’Utopia auront du mal à sauter le pas. Mais avec Gillian Flynn à la barre, on a quand même envie de laisser sa chance à cette nouvelle mouture.

Disponible le 25 septembre sur Amazon Prime Video.

La Révolution

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Un Kingdom bleu-blanc-rouge : La Révolution
Il faudra attendre un peu plus pour découvrir la grosse nouveauté française de la rentrée : La Révolution, annoncée sur Netflix en octobre. Le titre évoque la France avec un grand F, mais ne vous attendez pas à une série historique classique : surfant sur la vague des fantaisies en costumes façon Outlander ou Kingdom, cette création d’Aurélien Molas et François Lardenois, écrite par Gaïa Guasti (Une Île), nous télétransporte en 1787, sur les traces de Joseph Guillotin (Amir El Kacem), qui découvre qu’un virus, le sang bleu, transforme les aristos en zombies s’attaquant au peuple. La suite n’est pas dans les livres d’histoire, même si la série, composée de 8 épisodes de 50 minutes, veut s’appuyer avec un souci de véracité sur les grands évènements de Révolution française. Un scénario horrifique à base de pandémie pour métaphoriser la violence des inégalités sociales et la sauvagerie des privilégiés : on peut difficilement faire plus d’actualité. Sur ce sous-texte politique brûlant, les créateurs nous annoncent un spectacle formellement chiadé, à la direction artistique appuyée. Même si on a tendance à se méfier des séries historiques qui se la jouent rock’n’roll et capitalisent sur le joli minois de leurs jeunes acteurs (Maison Close et Versailles sont passées par là), le concept ambitieux de cette Révolution nous donne quand même très envie de nous laisser embastiller.

Disponible sur Netflix en octobre.

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