L’Adieu – Le pieu mensonge

Sérieux prétendant aux Oscars, la comédie dramatique de Lulu Wang,
démontre la montée en puissance des cinéastes asiatique à Hollywood.
Explications.

Par Lisa Muratore

Temps de lecture 5 min

L’adieu

Bande Annonce

Alors qu’Une Affaire de Famille bousculait la Croisette en 2018, suivi cette année par l’acclamé Parasite (https://www.somewhereelse.fr/film/parasite/) et que Crazy Rich Asian s’est révélé un des films les plus rentable de 2018, l’Adieu (The Farwell), se révèle comme une nouvelle perle américano-asiatique pleine de pudeur et de sensibilité. Dépoussiérant le sujet quasi-universel et récurrent de la famille, la réalisatrice Lulu Wang filme une aïeule, atteinte d’une maladie incurable qui ignore tout de sa condition, car sa famille, selon la tradition chinoise, a fait le choix de lui cacher la vérité. Ils prennent comme prétexte le mariage de son petit-fils. Pour organiser une réunion de famille. Espérant ainsi lui offrir d’ultimes moments de bonheur.

Découverte dans Crazy Rich Asians ou Ocean’s 8 la r
appeuse Awkwafina illumine l’écran de sa sincérité

Inspirée d’un vrai mensonge, cette comédie dramatique se concentre sur le personnage campé par Awkwafina et sur sa relation avec sa grand-mère Nai Nai (Zhao Shuzhen). Pour cette sino-américaine, le mensonge est plus difficile à gérer que pour le reste de sa famille. Habituée des comédies, découverte dans Crazy Rich Asians ou Ocean’s 8 la rappeuse Awkwafina illumine l’écran de sa sincérité. Récompensée aux  Golden Globes 2020 en tant que meilleure actrice dans un drame, elle prouve ici qu’elle est capable d’aller plus loin que des films à gros budget sans saveur.

Dans cette véritable fresque familiale chacun porte un masque ou utilise la barrière de la langue pour cacher sa peine. Le mensonge devient un artifice scénique, qui entraîne moments étonnants et dialogues touchants. Cette mise en scène de la vie souligne cette poreuse frontière entre vérité et mensonge, réalité et instants rêvés. Tout dépend finalement du point de vue adopté.

Un désordre humain plein d’humour. Et c’est un soulagement que Lulu Wang utilise cet angle comique malgré le deuil. Certains soulignent le manque d’émotion du film, mais on aura tendance à y voir une forme de pudeur et de retenue imposées par la tradition. Comme le démontrent les moments d’intimité entre Awkwafina et sa grand-mère, dans l’ombre de la nuit ou à l’arrière d’une voiture. De manière sous-jacente, le film évoque également le déracinement. Celui que l’on ressent lorsque l’on quitte son pays natal, les origines auxquelles devra renoncer la mariée pour ses noces, comme au moment de mourir et de quitter le monde.

  • Lulu Wang
  • l’adieu

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