La dernière vie de Simon

Copier ce qui le touche, c’est le pouvoir du jeune Simon.
C’est aussi ce que fait, avec malice, le réalisateur Léo Karmann
dans ce premier film bluffant.

Par Perinne Quennesson

Temps de lecture 5 min

La dernière vie de Simon

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Léo Karmann a la petite trentaine… Cela n’étonnera personne à la vision de ce premier film tant il est inspiré par les idoles de sa jeunesse, de Steven Spielberg à James Cameron en passant par Robert Zemeckis. Par le choix de sa musique qui, sans équivoque, fait référence à celle de John Williams. Par ses parti pris de mise en scène privilégiant régulièrement le merveilleux au détriment du réel. Par l’image qu’il donne de l’autorité policière/ médicale/ parentale comme obstacle à franchir pour continuer à croire en l’impossible.

Par son récit, enfin, où les personnages préfèrent demander pardon plutôt que la permission. Par tout cela, le français Léo Karmann (fils du comédien Sam Karmann) copie, prend exemple, imite ses illustres prédécesseurs américains. Donc La Dernière vie de Simon ne serait qu’un plagiat ? Absolument pas. Avec cette histoire de petit garçon orphelin métamorphe, le jeune cinéaste signe un premier long métrage enchanteur, soigné et particulièrement sincère. S’il semble parfois un peu trop appliqué, un peu trop bon élève, le film ne manque jamais de charme et parvient à gérer quelques virages serrés sans que la narration souffre de béances, notamment en matière de changement de tons. Mais bien plus que rendre un hommage appuyé à ceux qui l’ont inspiré, Léo Karmann et sa co-scénariste Sabrina B. Karine livrent un joli portrait de la fin de l’adolescence et de la quête de soi. Porté, notamment, par le prometteur Benjamin Voisin qu’on verra bientôt chez Ozon et Giannoli.

La dernière vie de Simon ne laisse
aucun doute quant au talent du jeune réalisateur.

Loin de l’aspect suranné et nostalgique à l’extrême de Stranger Things ou Super 8 de J.J. Abrams, Léo Karmann s’approche par sa candeur et sa bonne foi davantage du travail d’un Shawn Levy (Real Steel) ou du Peter Jackson (Créatures célestes, Lovely Bones…). S’il doit encore apprendre à lâcher la bride, à s’éloigner davantage de ses idoles pour un peu plus se trouver lui, La dernière vie de Simon ne laisse aucun doute quant au talent du jeune réalisateur.

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