Sergio Corbucci

Django & Co

En juillet, la Cinémathèque française rend hommage à Sergio Corbucci, l’autre maître du western spaghetti. 

Temps de lecture 3min

Par Jacques Braunstein

Sergio Corbucci n’est pas Sergio Leone. Le réalisateur d’Il était une fois dans l’Ouest est cynique et désabusé. Alors que celui de Django se révèle carrément misanthrope et désespéré. Leone suspend le temps avec ses champs contre champs sur les regards de Clint Eastwood ou Charles Bronson. Alors que Corbucci essaie de mythifier Jean-Louis Trintignant ou Johnny Hallyday sans toujours y parvenir.

“L'œuvre de Corbucci est aussi polymorphe qu’inégale”

Il n’empêche que la violence de Django (1966, avec Franco Nero) a profondément changé le western au point qu’en Allemagne on nomme un western spaghetti un « Django » et que Quentin Tarantino choisira d’appeler son premier western Django Unchained et y fera apparaître brièvement Franco Nero.

Le grand silence (1968) avec Jean-Louis Trintignant et Klaus Kinski préfigure par son pessimisme, Little Big Man ou Les portes du Paradis et ses producteurs ont d’ailleurs essayé de lui bricoler un happy ending idiot lors de sa sortie en salle.

Le Spécialiste (1969) avec Johnny Hallyday n’est pas la simple rareté kitch que l’on imagine. Le chanteur ici quasi-mutique ne s’en sort pas si mal et aurait gagné à persévérer dans cette voie. Le nihilisme de son récit de vengeance contre un village entier préfigure L’homme des hautes plaines de Clint Eastwood. Et son final surréaliste et dénudé, les films expérimentaux des années 70.

Péplums, comédies, thrillers, giallo, films de Terrence Hill et Bud Spencer, l’œuvre de Corbucci est aussi polymorphe qu’inégale et la Cinémathèque française a choisi de rendre hommage à tous les différents aspects de son parcours hors norme.

VOIR AUSSI