Thylacine

Tanks à faire

Ce sont des chorégraphies de tanks ukrainiens qui ont inspiré à Thylacine son dernier morceau « War Dance ». Un son électronique engageant et puissant qui accompagne un clip fort, voire dérangeant. Interview.

Par Lisa Moumni-Barbault

Inspiré et inspirant, Thylacine, 26 ans, a d’abord été saxophoniste dans plusieurs groupes. Mais c’est grâce à la musique électronique que le jeune angevin a été révélé. Notamment avec son album Transsiberian (2015) composé lors d’une traversée de la Russie en train. Il propose une musique électro à la fois mélodieuse et intense accompagnée d’images fortes. Il nous parle de « War Dance » son dernier clip…

“Faire une chorégraphie avec un char, le summum d’une esthétisation absurde de la guerre.”

Pourquoi as-tu choisi le réalisateur Cyprien Clément-Delmas pour réaliser la vidéo de « War Dance » ?
J’avais déjà eu l’occasion de travailler avec lui sur le clip de « Mountains ». J’étais vraiment ravi du résultat et de notre collaboration. À l’époque, je voulais m’éloigner de la fiction et je trouvais plus intéressant d’aller chercher du réel inconnu avec du fond. C’est une envie qui ne m’a jamais quitté depuis.

Comment est naît l’idée du clip ? Vous l’avez eu ensemble ?
Pour « War Dance » on a inversé les rôles. C’est Cyprien qui est venu me voir en me disant qu’il avait découvert, lors d’un de ses repérages pour un long-métrage, que des militaires réalisaient des chorégraphies avec des tanks en Ukraine. Je lui ai répondu que j’adorais l’idée, mais que ça tombait mal pour moi. L’album Transsiberian était sorti depuis longtemps et je n’avais pas de morceau de prévu. Puis l’idée m’a inspiré et je suis revenu vers lui quelques semaines plus tard avec « War Dance » que j’avais composé spécialement pour ce projet.

« War Dance » mêle deux mondes opposés à travers une chorégraphie où s’entrechoquent la liberté et l’esthétique de la danse et l’aspect sclérosant et morbide de la guerre. Quel message cherches-tu à transmettre ?
L’idée était de mettre en avant ceux qui esthétisent la guerre tout en les incluant dans leur réalité beaucoup plus dure et moche. Faire une chorégraphie avec un char, un objet brutal et grossier pas facile à maîtriser, s’est révélé être pour nous le summum d’une esthétisation absurde de la guerre. La danse en fauteuil roulant est pour moi une sorte de réponse à cette dualité.

En quoi la musique et l’image sont-elles liées et/ou complémentaires pour toi ?
Ce projet illustre bien l’importance que possède l’image pour moi. C’est l’image, ou plutôt le projet d’image qui m’a inspiré. J’aime quand ces deux médias se mélangent et se nourrissent l’un et l’autre. Je ne conçois pas Thylacine comme une proposition purement musicale. C’est un terrain de création où l’image détient une place fondamentale, que ce soit pour un clip, en concert et dans l’ensemble de déclinaisons visuelles d’un morceau.

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