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Autumn leaves

Electro, rap ou variété, petite sélection des clips les plus étonnant de l’automne.

 Par Sophie Castelain

 

 

 

 

VENDREDI SUR MER Ecoute chéri

Depuis 2 ans, Vendredi sur Mer se fait un nom sur la scène pop française. Derrière ce nom poétique, la suissesse Charline Mignot, 22 ans qui a voulu Vendredi sur Mer comme un projet musical et mode. Pour le clip « écoute chérie », l’artiste à fait appel à Alice Kong déjà auteure de « La femme à la peau bleue ». Le résultat est une vidéo féministe, où les hommes sont moins habillés que les femmes, et où elles sont maîtresses de leurs envies « écoute chérie j’ai pas le temps, je t’ai dit non ». Le tout dans une ambiance rétro où tous les protagonistes semblent sortir d’un défilé de mode.

THYLACINE – The road

C’est le premier extrait du prochain album de l’artiste, composé dans son studio mobile sur les routes argentines et boliviennes. Thylacine remarqué pour ses clips hors norme (la chorégraphie de chars de « War Dance ») a voulu que son prochain album s’inspire de ses voyages et l’a donc écrit en chemin (comme Transiberien, composé dans le train en 2015). La vidéo qu’il a réalisé lui-même a été construit dans le même esprit, avec des prises de vue de la Cordillère des Andes, des déserts argentins, du lac salé de la Puna argentine, croisant des troupeaux de lamas et très loin surtout de toute l’agitation humaine. Un son empreint de sérénité mélange de clavier, violons et de marimba.

GILLES – Je l’écrirais

L’écrivain Ariel Kenig sort son premier EP sous le nom de Gilles (son prénom à l’état civil). D’où le titre du disque : Son prénom. Le morceau « Je l’écrirais » parle des enfants d’immigrés qui s’interrogent sur leur identité « D’où je viens ? – D’un pays que je ne sais pas nommer. Nationalité dédoublée ». Une ballade mélancolique qui lui correspond bien puisqu’il est lui-même le fruit d’une mère française et d’un père polonais. Un morceau au son électro-pop pour gagner le concours Magic 2016, qui lui a permis de faire la première partie d’Etienne Daho (une de ses influences majeurs). Dans le clip en noir et blanc Gilles marche sans but dans les rues et les couloirs du métro parisien, comme à la recherche de sa « vérité ». Il est réalisé par l’acteur et performeur Mahdi Sehel.

ANGÈLE feat ROMÉO ELVIS – Tout oublier

Le 5 octobre, Angèle a sortie son premier album Brol (babiole en argot wallon) et décidé d’offrir un feat à son frère Roméo Elvis sur « Tout oublier ». Morceau aux sonorités beaucoup plus dansantes que ces précédents singles. Elle y prône la joie de vivre « c’est pas compliqué d’être heureux, si tu voulais tu le serais ». Son mantra, tournes la page pour avancer, et ne t’apitoies pas sur ton sort. Le clip tourné sur les plages catalanes près de Gérone par Brice VDH (Girls In Hawaï, Julien Doré…) et Léo Walk (danseur pour Christine & the Queen et de Roméo Elvis). Angèle et Roméo traînent sur ses plages leurs bagages émotionnels, incarné par leurs combinaisons de ski incongrues.

LEIFUR JAMES – Night & day

Issu du premier album A louder silence du londonien Leifur James « Night and day » (sorti le 5 octobre), est une ballade électronique et mélancolique. Quelques touches de violoncelle lui donne un côté fantasmagorique enivrant. Le clip quant a lui a été tourné dans la banlieue de Bogota par le berlinois Sander Houtkruijer (remarqué pour ses vidéo de Thomas Azier ou celle de « One Day (Wankelmut Remix) »d’Asaf Avidan). Une jeune fille aux cheveux beaucoup trop longs s’échappe de cette banlieue en bus, traverse les bidonvilles, roule toute la nuit pour finalement, monter à l’arrière d’un pickup qui la déposera à destination. Un lieu où la flore a été préservée, un genre de pays des merveilles abandonnées.

Silk City, DuaLipa ft Diplo, Mark Ronson – electricity

Silk City était le nom de la boîte ou Diplo (Major Lazer, LSD ), et Mark Ronson(producteur d’Amy Winehouse ou Bruno Mars) se sont rencontrés il y a 20 ans lorsqu’ils étaient tous les deux DJ. Ils ont décidé de lancer un projet commun pour rendre « hommage aux meilleures villes « dance » du monde : Chicago, Londres, Paris, Détroit ». Pour ce second titre, ils ont invité Dua Lipa la sensation pop anglaise du moment. Le résultat est plutôt surprenant pour des artistes qui nous avaient habitué à des clips qui tranchaient avec les vidéos « commerciales » ordinaires. Celle d’ « Electricity » signé Bradley and Pablo (Kanye West, Frank Ocean, Migos, NickiMinaj, CardiB…) se révèle une réalisation à l’américaine totalement mainstream, avec une Dua Lipa en culotte et des gens qui transpirent en faisant la fête. La politique du clic pour un morceau efficace mais pas très inspiré.

VANESSA PARADIS – Ces mots simples

C’est avec « Ces mots simples »  que la chanteuse annonce la sortie de son 7ème album Les Sources (fin novembre). Cette chanson d’amour est illustrée par un clip hors du temps réalisé par Jean-Baptiste Mondino avec qui elle a souvent travaillé, et en étroite collaboration avec Chanel dont elle est l’ambassadrice. Suspendue sur une balançoire au dessus de l’eau, elle évoque la publicité pour le parfum Coco Mademoiselle réalisé par Jean-Paul Goudeen 1992 où Vanessa Paradis apparaissait tel un rossignol sur une balançoire enfermé dans sa cage.

LOMEPAL ft ROMÉO ELVIS1000°C

Deux rappeurs blasés, enchaînent les soirées, les filles, et les excès. Le morceau est pourtant signé Lomepal, habitué à des lyrics plus politiques. Il critique ici la vie d’artiste à mille à l’heure… « C’est la fête tous les soirs dans la capitale. Conscience décapitée, on verra les dégâts plus tard ». Accompagné de son ami belge, Roméo Elvis (son second featuring dans cette playlist) : « on est serré dans une caisse, trois cents va-et-vient sur Bruxelles-Paris toute l’année ». La vidéo christique (Lomepal, attaché sur un bûcher se fait poignardé par les femmes qu’il a maltraité) se transforme en superproduction à l’américaine (hélicoptère, motos, sauts dans le vide…). Elle vaut le cou d’œil et est réalisée par Adrien Lagier et Ousman Ly, déjà à l’origine du clip de « Pommade » du même Lomepal.

ROSALIA – di mi nombre

Trois jours avant la sortie de son album El Mal Querer, la catalane Rosalía a dévoilé le chapitre 8, « Extasis (extase) » de sa série de clips. « Di mi Nombre », est une chanson aux paroles beaucoup plus sensuelles que les précédentes : « Dis mon prénom, mets ton corps contre le mien ». La chanteuse exécute la majorité de sa chorégraphie dans un lit où elle est seule, mais semble vouloir inviter quelqu’un. Fidèle à son premier amour, le flamenco, elle retrouve ici les palmas, et de nombreux signes de l’Espagne traditionnelle (images religieuses, robe blanche…). La réalisation est confiée à Henry Scholfield, amoureux de la saturation des couleurs, à l’origine de « Tous les Mêmes » de Stromae ou « IDGAF » de Dua Lipa.

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