Stranger Things – Retour vers le futur ?

La série star toujours aussi régressive et néo-80 revient pour une troisième saison.
Mais qu’a-t-elle à dire de nouveau ?

Par Jacques Braunstein

Temps de lecture 3 min.

Stranger Things 3

Bande Annonce

Netflix sait lancer des séries, presque 10 par mois, du plus hors norme (The O.A.) au plus banal (Shaft)… Mais sait-elle les continuer ? Face aux annulations de ces derniers mois (Love, Gypsy, l’ensemble des séries Marvel dont les deuxièmes et troisièmes saisons étaient vraiment moins bien…) la question se pose. Et c’est tout l’enjeu de la saison 3 de Stranger Things.

Victoire de Spielberg sur Carpenter,
sans qu’on sache dire si c’est vraiment
une bonne nouvelle.

La deuxième saison était très décevante, semblant reproduire les mécanismes de la première sans vraiment les renouveler. A l’exception des sœurs de Elfe/Onze et de la relation filiale qu’elle noue avec le chef Hopper, des pistes trop vite délaissées pour revenir à l’affrontement avec le Flagelleur Mental. Un des méchants les plus inconsistants et basiques de la fiction contemporaine.  Il vient d’une autre dimension, il veut asservir l’humanité, et il nous envoie des créatures gluantes pour y parvenir. Et à part ça. Ben, à part ça, rien.

Dans la nouvelle saison, les enfants ont grandi comme le démontre la romance ado entre Elfe et Mike et la vie quasi maritale des ados Nancy et Jonathan. Une galerie commerciale a ouverte à Hawkins et les méchants Russes s’en mêlent… C’est désormais eux qui veulent rouvrir la faille interdimensionnelle grâce à laquelle des créateurs toujours plus gluants nous tombent dessus. C’est assez logique d’ailleurs, puisque la saison se déroule en 1985, année paroxystique du délire anti-communiste dans la pop-culture US (Rocky VI, Rambo 2, L’Aube Rouge d’ailleurs cités dans la série).

Entre deux poursuites et trois discours scientifiques ésotériques, on retrouve les emblèmes 80 qui ont fait le succès de Stranger Things : ici la sortie de Retour vers le futur, le shopping au Gap, la chanson de « l’Histoire sans fin », une Cadillac jaune citron décapotable… Et c’est tout le paradoxe de la série : on a envie que le suspens se mette en pause pour retourner au centre commercial. C’est la victoire de Spielberg sur Carpenter (principales influences de Duffer Brothers), sans qu’on sache dire si c’est vraiment une bonne nouvelle.

Winona Ryder est moins hystérique (ses enfants n’étant pas la cible principale du méchant) et elle en profite même pour parfois bien jouer. David Harbour, le Chef Hopper, s’est fait pousser la moustache (même s’il nous semble qu’au milieu des années 80 les gens se la rasaient plutôt). Et pour être franc, la série devient un peu plus efficace après le cinquième épisode alors que la fin est assez touchante. Il n’empêche qu’on n’est pas forcément partant pour une quatrième saison à moins de laisser tomber ce foutu Flagelleur Mental et de s’attacher enfin aux sœurs de Elfe. Mais d’après la séquence post-générique, on n’en prend pas le chemin.

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