Locke & Key

La série de comics de Joe Hill et Gabriel Rodriguez soi-disant inadaptable,
débarque sur Netflix, 10 épisodes conjuguant mystère et vrai plaisir de spectateur.

Par Perinne Quennesson

Temps de lecture 5 min

Locke & Key

Bande Annonce

Déjà en 2010, une adaptation de Locke & Key avait été tentée par la Fox mais n’avait pas pu voir le jour, tout comme un projet de film chez Universal. Il faut dire que la série de comics de Gabriel Rodriguez et Joe Hill, le fils de Stephen King, (2008 et 2013), n’est pas simple à mettre en images en raison, notamment, de sa noirceur, sa multitude de personnages, ses intrigues à tiroirs et les nombreux univers qu’elle met en place. Compliquée mais un parfait matériau de base, surtout avec le développement actuel de la technologie, permettant la créativité nécessaire à cette histoire.

Sur 10 épisodes, nous sommes amenés à suivre Tyler, Kinsey et Bode Locke ainsi que leur mère Nina, obligés de déménager au fin fond du Massachusetts suite à l’assassinat de leur père et mari à Seattle. Ils débarquent à KeyHouse, l’immense demeure ancestrale de la famille. Sublime, labyrinthique et un peu angoissant, ce manoir renferme des clés aux pouvoirs incroyables que les trois enfants découvrent au fur et à mesure, à la fois intrigués, enthousiasmés et inquiétés par cette magie à portée de main et de serrure. Mais ils ne sont pas les seuls à connaître l’existence de ces clés et autour d’eux les morts étranges s’amoncellent…

Locke & Key
frustre et captive par
son mélange de tons

Une clé qui permet d’entrer dans la tête des gens, une autre qui met le feu à volonté, ou encore une qui transforme son détenteur en fantôme pour qu’ils puissent rejoindre le monde des esprits… autant de possibilités qui s’ouvrent à chaque épisode dans un esprit proche de celui d’Harry Potter. C’est avec le même entrain que l’on rentre dans cette maison hantée où la magie la plus récréative rejoint le mystère le plus épais. Rien d’étonnant pour une série co-écrite par Meredith Averill, à qui l’ont doit notamment The Haunting of Hill House et Carlton Cuse, scénariste de Lost. Parfois un peu trop dense et nébuleuse pour être totalement convaincante, étant un peu radine sur les réponses et bien trop généreuse sur les questions laissées en suspens, Locke & Key frustre et captive cependant par son mélange de tons où l’on glisse sans effort de Hill House à Riverdale en passant par Casper, Strangers Things et Fort Boyard.

Malgré un ton globalement léger et fantaisiste, cette série sur l’impossibilité du deuil et sur la nécessité du réenchantement, n’hésite pas parfois à verser dans la cruauté. Pas aussi glauque que les comics dont elle est tirée, Locke & Key s’autorise cependant des accès de violence et d’angoisse afin de déstabiliser un spectateur convaincu, à tort, d’être en terrain déjà conquis, déjà connu. Donnant un réel plaisir enfantin à trouver de nouvelles clés pour en découvrir toutes les possibilités qu’elles soient purement narratives ou simplement visuelles. Un canapé, du pop-corn et une certaine envie de crédulité et vous êtes parés.

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