Rehab, mode d’emploi

My Beautiful Boy

Le 6 février. Inspiré d’une histoire vraie, le film de Felix Van Groeningen montre l’amour irréductible d’un père pour son fils accro à la meth.

Par Lisa Muratore

Pourquoi gâcher un si bel avenir ? C’est la question que se pose David Scheff (Steve Carrel) alors qu’il observe, impuissant, la descente aux enfers de son fils Nic (Timothée Chalamet), addict à la métamphétamine.
Un pitch qui évoque les récents Ben is Back avec Julia Roberts  ou côté franco-belge à Continuer  avec Virginie Efira, en mère courage. Mais le film de Felix Van Groeningen, le réalisateur flamant, d’Alabama Monroe, s’écarte des clichés auxquels on peut s’attendre. Il pose un regard pudique sur l’incertitude et la souffrance endurée par une famille, tout en dressant le portrait d’un amour inconditionnel. C’est d’ailleurs ce qui a convaincu Steve Carrel.

Carrel Terriblement émouvant face à un Timothée Chalamet habité qui mutile son corps à coup de seringue.

S’éloignant des personnages comiques de The Office et 40 ans toujours puceau, l’acteur enchaine les rôles dramatiques depuis Fox Catcher, The Big Short, et plus récemment Bienvenue à Marwen,. Et il y excelle tout autant. Terriblement émouvant dans My Beautiful Boy face à un Timothée Chalamet (Call Me By Your Name, Lady Bird) habité qui mutile son corps à coup de seringue.

Le père pense posséder les armes nécessaires pour aider son fils à lutter contre son addiction : il paye des centres de désintoxication, lui fait faire des tests de dépistage et va jusqu’à prendre de la cocaïne pour connaître les sensations que cela procure… Mais de cure de désintox en rechute son espoir s’amenuise. Cette répétition constitue le mouvement du film, qui montre l’essoufflement d’une famille dans une course perdue d’avance. Moment marquant, le monologue d’une addict au cours d’une réunion à laquelle David et sa femme, Karen (Maura Tierney) assistent.

S’appuyant sur les écrits de David Scheff, comme sur ceux de son fils, le réalisateur et ses scénaristes, ont choisi d’alterner les points de vu. Ce qui permet de cerner le désarroi de chacun.  Et de renverser les préjugés sur la drogue. L’abus est-il lié à un milieu social ? La conséquence d’un traumatisme ? Il ne s’agit pas ici d’expliquer les causes de l’addiction de Nic mais plutôt de nous montrer le mécanisme qui l’a fait passer d’une consommation récréative à un besoin vital (comme expliqué dans ces interviews à propos des coulisses du film ). Alors que le titre du film My Beautiful Boy, référence à la célèbre chanson de John Lennon que chante David à Nic, résonne comme un cri d’espoir…

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