Galveston

Les hommes du sud sauvage

Le 10 Octobre. Premier film américain réalisé par Mélanie Laurent, Galveston est un thriller tragique et flamboyant. Une réussite, explication.

Par Jacques Braunstein

Mélanie Laurent agace avec son jeu à fleur de peau, sa musique sucrée et ses déclarations à l’emporte pièce. Pourtant il va falloir admettre que c’est une bonne cinéaste.

Mélanie Laurent évite la carte postale des Etats-Unis, sa caméra au plus près de ses personnages.

Respire en 2014 s’est révélé un film envoûtant sur l’emprise psychologique, et le documentaire écolo Demain– qu’elle a coréalisé avec Cyril Dion-  a fait plus d’un million d’entrées en France, une performance pour ce type de film. Avec Galveston, son cinquième long-métrage, elle s’est fixée un double défi. Non seulement c’est son premier film américain, mais en plus il s’agit d’un thriller violent. Genre dans lequel, si on excepte Kathryne Bigelow (Point Break Extrême Limite, Detroit…) ou Patty Jenkins (Monster), bien peu de réalisatrices se sont lancées.

1987, La Nouvelle Orléans, Roy (Ben Foster vu dans Leave No Trace est un petit truand qui s’est fait piquer sa copine par son boss. Quand celui-ci l’envoi récupérer des documents chez un avocat marron, il pressent un sale coup. Mais atteint d’un cancer du poumon il n’a rien à perdre. Sur place, il échappe miraculeusement à la mort et sauve une jeune prostituée (Elle Fanning, la star montante d’Hollywood vue récemment dans How To Talk To Girl At Parties . Ensemble ils prennent la route vers un motel de Galveston, station balnéaire bas de gamme de la côte du Texas…

Mélanie Laurent évite les pièges de la carte postale du Sud des Etats-Unis, en maintenant sa caméra au plus près de ses personnages. Inspiré d’un roman de Nic Pizzolatto considéré comme le nouveau maître du Southern Gothic (showrunner de la série multiprimée True Detective), le film colle à la démesure du récit tour à tour trop noir, trop sentimental, trop violent, trop mélancolique… Bref, même si vous avez du mal avec Mélanie Laurent courrez voir Galveston. Pour qu’elle reste derrière la caméra. Parce qu’elle y est très bien.

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