It’s the Law of the West…

La Ballade de Buster Scruggs

Le 16 novembre sur Netflix. Dans La ballade de Buster Scruggs, les frères Coen cherchent à capturer l’âme du western. Mais pour en faire quoi ?

Par Jacques Braunstein

Drôle de projet que la nouvelle fiction des frères Coen. Les réalisateurs-producteurs de Barton Fink et de The Big Lebowski propose une anthologie de courts westerns diffusée sur Netflix. La Ballade de Buster Scruggs porté par une pléiade d’acteurs de premier plan souvent à contre-emploi comme James Franco, Liam Nesson, Tom Waits ou Brendan Gleeson…

Attaque de banque, diligence, gunfight, chercheur d’or, et même western chantant, tout y passe

Ni vraiment un film, ni tout à fait une série, mais une suite de six histoires de longueurs inégales qui revisitent le western et même les différentes formes de western. Attaque de banque, diligence, gunfight, chercheur d’or, et même western chantant, tout y passe… Chaque segment est l’occasion de nous montrer la virtuosité des cinéastes et la variété de leur style. Mais cela n’étonne guère puisqu’on leur doit le western contemporain No Country for Old Men (2007) et le western burlesque True Grit (2010). Et qu’un certain nombre de leurs autres films empruntaient au genre fondateur du cinéma américain, d’Arizona Junior à O’Brother en passant par Fargo. Ce qui explique sans doute que Netflix leur ait fait confiance sans que le projet soit totalement abouti.

La Ballade de Buster Scruggs péche par une forme de nihilisme rigolard et un peu répétitif qui se termine le plus souvent d’une balle dans la tête. On a beaucoup critiqué la violence gratuite de Quentin Tarantino, mais ce film pose la question de celle des frère Coen. Dans Django Unchained et Les Huit Salopards (comme dans le récent Les frères Sisters de Jacques Audiard), la violence est au service d’un propos sur l’avidité et le racisme sur lesquels se sont construit l’Amérique.

Ici pas vraiment. « C’est la Loi de le l’Ouest… » semble être la seule leçon à tirer de cette suite de vignettes dont l’humour noir fini par lasser. Le segment, La fille qui fut sonnée s’avère le plus dense en terme de narration et de sentiments. Dans une prairie superbement filmé, une histoire d’amour entre Zoé Kazan et Bill Heck se noue au sein d’un convoie de pionniers. Mais elle connaît un épilogue absurde, après la répétition du motif de l’attaque d’indiens déjà exploitée plus tôt. Tout laisse à croire que si La Ballade de Buster Scruggs est un film a sketch et pas une série, c’est que le téléspectateur n’aurait pas regardé l’épisode suivant.

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