Seuls contre tous

Le nouveau drame de Xiaoshuai Wang entrelace le destin de ses personnages fictifs avec le destin bien réels de la Chine contemporaine.

Par Quentin Moyon

Temps de lecture 2 min.

So Long my Son

Bande Annonce

Alors que les années 80 battent leur plein, et que la démographie chinoise bat des records, le Parti met en place la politique de l’enfant unique. Une décision qui aura un impact irrévocable sur le bonheur de Liyun et Yaojun, couple jusqu’alors heureux…

Alors qu’ils ont déjà un fils leur meilleure amie, qui se trouve être directrice de l’usine dans laquelle ils travaillent, force la femme du couple à avorter. Lorsque leur fils unique meurt à cause du fils de la directrice de l’usine, ils se retrouvent sans enfant, et leur ami s’en veut. Ce qui entraine la dislocation de leur groupe d’amis. 

Le film montre comment la politique de l’enfant unique va faire de la Chine un pays profondément individualiste… L’intérêt individuels prévalant sur celui des autres même quand il s’agit de ses meilleurs amis, de sa femme ou de ses parents.

La question de l’homme et de
sa solitude face à son environnement

Un contre tous et tous contre un

Il est ici question de l’homme et de sa solitude face à son environnement. Chacun dans le récit de Xiaoshuai Wang, semble devoir nager à contre-courant pour s’en sortir. La pression constante à laquelle sont soumis les personnages par le gouvernement est palpable alors que celui-ci n’est jamais directement montré. On sent juste qu’il veille, non loin, à la manière du Big Brother de Orwell.

Chaque membre de la société est là pour veiller à ce que cette absence de liberté s’applique bien à son voisin. Chacun se fait finalement le relais inconscient de l’œil du gouvernement. Une solitude hyperbolisée par la retenue absolue avec laquelle le film est tournée. Les plans semblent toujours en retrait par rapport aux personnages comme si le film nous disait : « Ne t’occupes pas d’eux, ils vont t’attirer des ennuis ».

Le récit de mille émotions

Un Drame, un Thriller psychologique, un récit de famille ? So Long My Son porte avec gloire l’ensemble de ces étendards. Véhicule à émotions qui malgré un certain recul, aime ses personnages. Leur déni, leur tristesse, leur colère, leurs acceptation aussi. La maitrise de Xiaoshuai Wang devrait lui permettre de s’asseoir auprès de ses confrères plus reconnus Jia Zhang-Ke (A Touch of Sin) et Lou Ye (Une jeunesse chinoise).

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Disponible sur la plateforme du festival de de Gérardmer : https://online.festival-gerardmer.com/

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