Queens – $howgirls

Un film de strip-tease avec quelques unes des plus grandes stars de la pop actuelle ?
Queens est loin de n’être que ça.

Par Perrine Quennesson

Temps de lecture 3 min.

Queens

Bande Annonce

Un film d’arnaque à l’accent politico-économique avec Jennifer Lopez, Cardi B et Lizzo qui se déhanchent sensuellement en petite tenue, c’est étrange non? Pas pour la cinéaste Lorene Scafaria.

Véritable succès outre-Atlantique, Queens avait tous les arguments pour attirer le chaland : un casting pop, sexy et talentueux allant de Jennifer Lopez à Constance Wu en passant par Lizzo, Cardi B et Lili Reinhart, des petites tenues affriolantes, des danses/ performances sensuelles à souhait et un petit parfum de souffre. Mais là où la réalisatrice et scénariste de Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare frappe fort, c’est qu’elle ne se contente pas de cette appétissante surface. Elle a un sous-texte bien plus sulfureux que n’importe quel numéro de pole dance. Et quand on sait que son film est produit par Adam McKay, à qui l’on doit les récents The Big Short et Vice, on a vite une petite idée de ce dont il s’agit.

Queens n’est pas l’histoire de jeunes femmes vénales.
C’est celle d’une vengeance sociale.

Inspiré d’une histoire vraie, rapportée par Jessica Pressler dans New York Magazine en 2015, Queens suit Dorothy (Constance Wu), une jeune strip-teaseuse qui vit avec sa grand-mère dans un quartier populaire de New York. En 2007, elle commence à travailler au club Moves à Manhattan et y rencontre Ramona (Jennifer Lopez), une danseuse expérimentée qui l’a prend sous son aile, autant pour la coacher en danse que pour lui apprendre les ficelles du métier avec les clients et à gagner un maximum d’argent. Mais la crise de 2008 se pointe et les principaux clients, les traders, désertent les clubs. Elles réfléchissent alors à une arnaque pour garder leur train de vie.

Garder leur train de vie, oui, mais pas seulement. Car Queens (Hustlers en VO soit Arnaqueuses), n’est pas l’histoire de jeunes femmes vénales. C’est celle d’une vengeance sociale. Un peu comme dans The Big Short, le film tire à boulets rouges sur une catégorie d’individus, ceux que l’on trouve à la Bourse principalement, qui n’ont pas hésité à jouer l’argent du tout à chacun pour finalement plonger le monde occidental dans l’une des plus grandes crises financières de son histoire et s’en sortir en se frottant les mains. Si la réalisation, qui prend parfois quelques risques de mise en scène, reste relativement sage, le film est un cri de colère salvateur. A la fois morales et amorales, honnêtes et criminelles, au plus haut et au plus bas, ces femmes prônent une rébellion discrète mais retentissante. Si elles ne sont pas totalement des exemples, Dorothy, Ramona et les autres nous encouragent à ne pas nous en laisser conter et à rendre coup pour coup. Arnaque pour arnaque. Rejouant la chaîne alimentaire, avec les bas instincts comme cartes en main. Et si l’aspect feel-good du film, n’osant jamais plonger dans le trash ou le drame, semble un peu déplacé, il est en réalité en adéquation avec le sourire poli de ces femmes qui soignent les apparences pour que plus personne n’use et n’abuse de leurs cicatrices.

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