Pio Marmaï : « La normalité, ça m’a toujours fait chier. »

Pio Marmaï confirme tout le bien qu’on pense de lui dans Felicità, le deuxième film à fleur de peau de Bruno Merle. La connexion Zoom était mauvaise, mais on n’allait pas laisser une affaire de bande-passante nous gâcher le plaisir : interview désynchro mais passionnée avec le plus singulier des BG du cinéma français.

Interview : Olivier Tellier

Temps de lecture 5 min.

Pio Marmaï

Interview

Il est beau. Un peu yeux de biche, un peu déménageur. Il a un look, tendance rock garage. Des tatouages. Une petite légende de mec speed et sympatoche qui fait des bouffes et répare des motos avec ses potes en sortant du tournage. Pio Marmaï, 12 ans de carrière, a des aspérités qui font péter les coutures de son physique de cinéma. Après sa révélation en 2008 dans Le Premier Jour du reste de ta vie, il a tracé sa route avec goût, persévérance et modestie, dans cette frange du cinéma d’auteur qui va chercher le public sans lui forcer la main. Il joue aussi bien les amoureux bégayants que les mecs louches voire dangereux, et encore mieux ceux qui marchent sur le fil, les chiens fous, la folie douce. Dans En Liberté !, le film de Pierre Salvadori sorti en 2018, c’est le best of : aux côtés d’Adèle Haenel, il maîtrise comme jamais son énergie nerveuse, débit saccadé et regard loco, comme un improbable rejeton de Woody Allen et Patrick Dewaere. Maintenant qu’il est une star, Pio Marmaï peut tout faire : porter des blockbusters (Comment je suis devenu un super-héros de Douglas Attal, annoncé dans l’année), faire des séries pour Arte (la très attendue En thérapie, remake français de la série israélienne)… et toujours jouer les équilibristes dans de plus petits films. Comme Felicità, road movie sensible et solaire sur un couple anticonformiste qui élève sa fille en dehors des sentiers battus. L’acteur de 35 ans y incarne un père fantasque, complétant sa collection de marginaux attachants. Parce que n’en déplaise à son physique de cinéma, la normalité, Pio, ça l’ennuie. Parole à l’intéressé.

Felicità, au cinéma le 15 juillet

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