Mes jours de Gloire

Dans le long métrage d’Antoine de Bary, Vincent Lacoste
fait du Vincent Lacoste, mais paradoxalement ce n’est pas
ce que ce film a de plus intéressant. Explication.

Par Jacques Braunstein

Temps de lecture 5 min

Mes jours de Gloire

Bande Annonce

Existe-il des Vincent Lacoste Movie, comme à une époque il existait des films de Belmondo ou de Delon qui se ressemblaient tous un peu ? C’est ce qu’on pourrait penser en voyant l’affiche de Mes Jours de Gloire, sur laquelle une dizaine de Vincent Lacoste nous toise. Vincent Lacoste est-il à ce point devenu une valeur sûre du cinéma français ? Ses rôles dans Lolo, Victoria ou Deux fils, où il joue différentes versions du jeune homme immature, sont-ils si marquants qu’ils auraient sculpté un héros récurrent du cinéma français contemporain ? Alors que, justement, c’est sa capacité à se réinventer dans des rôles plus inattendus, comme l’interne en médecine d’Hippocrate ou les séducteurs des films de Christophe Honoré (Aimer et courir vite, Chambre 212), qui rend cet acteur précieux. Pourtant, Mes jours de gloire pousse son personnage générique jusqu’à ses limites, puisqu’il joue ce qui pourrait être son pire cauchemar. Comme l’acteur découvert à 16 ans dans Les Beaux Gosses, Adrien a été un enfant star mais il n’a pas su, ou pu, enchaîner. Et à 27 ans, il est échec et mat. Il n’a plus de travail, son appartement a été saisi et il est contraint à retourner chez ses parents.

Le film est l’air de rien un réquisitoire contre les parents copains

Paradoxalement, c’est cet environnement familial toxique qui est le plus intéressant et qui explique en grande partie la faillite du héros. Une mère psy (Emmanuelle Devos), qui fait mine que tout va bien et fait dormir son fils sur son divan de consultation sans voir le côté névrotique de la chose. Un père alcoolique (Christophe Lambert, méconnaissable) qui vit désormais dans la chambre de bonne au dessus de l’appartement familiale et ne fait rien de ses journées. Des parents qui en plus de passer complètement à côté du désarroi de leur fils sont en train de divorcer sans le lui dire. Le film est, l’air de rien, un réquisitoire contre les parents copains, finalement trop cools pour assumer leur rôle. Et ça, c’est finalement plus surprenant qu’un Vincent Lacoste Movie pas mal, un de plus.

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