La Cité de la Peur-  Est-ce le meilleur film sur le Festival de Cannes?

Au terme de cette 72ème édition du festival de Cannes et d’une Carioca Géante à proximité du Palais des Festivals, La Cité de la Peur ressort en salle. L’occasion de parler de cette poignée de films qui ont fait de la Croisette leur décor: Femme Fatale, La Caméra de Claire… sans oublier les séries Entourage et Dix Pour Cent. Présentation.

Par Paola Dicelli

Temps de lecture 4 min.

La Cité de la Peur

Bande Annonce

Alain Chabat avait dit « non, ou alors très bourrés ». Et pourtant il l’ont fait ! le 16 mai dernier Gérard Darmon et lui ont dansé « la Carioca » lors de la présentation de La Cité de La Peur au Festival de Cannes, pour fêter les 25 ans du film. Ce long métrage aux nombreuses répliques cultes est considéré par beaucoup comme « le » film sur le Festival de Cannes. Un paradoxe, puisque cette comédie grand public est tout sauf un film d’auteur cannois. Mais le premier film des Nuls a été réalisé à l’époque aujourd’hui lointaine où Canal + faisait la pluie et le beau temps sur la Croisette.

Cette histoire de tueur de projectionnistes semant la panique durant le Festival est pourtant devenu le film de référence sur le sujet. Méprisé par les uns, encensé par d’autres, c’est celui qui raconte le mieux les coulisses du Festival… Entre l’attachée de presse (Chantal Lauby) prête à surfer sur des meurtres pour faire de la pub à son film, et les nanars que l’on plébiscite suite à un buzz, tous les ingrédients, si exagérés soient-ils, y sont.

Le film des Nuls a été réalisé
quand Canal+ faisait la pluie et le beau temps
sur la Croisette

Autre film éminemment cannois, Femme Fatale (2002), où Brian de Palma place son incipit sur la Croisette et imagine le braquage des bijoux d’une star. Mais malgré son décor cannois et Sandrine Bonnaire en figurante (pour faire « So Frenchie » ! ), la scène du début croule sous les invraisemblances: en haut des marches, une star, toute de diamants parée et escortée par deux gardes du corps, est séduite par l’une des photographes et part la rejoindre dans les toilettes. Un gros colosse en smoking s’y introduit, et vole les bijoux. Un Ocean’s Eleven, un peu cheap. Où la montée des marches n’est là que pour planter un décor – celui d’un braquage, en l’occurrence – qui aurait pu tout aussi bien se dérouler le soir des Oscars ou au Gala du Met.

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De même dans La Caméra de Claire d’Hong Sang-Soo (2018) le Festival n’est qu’un arrière-plan. Tourné de manière quasi-improvisé durant l’événement, le cinéaste ayant profité de la présence d’Isabelle Huppert. On y voit un réalisateur ou une vendeuse internationale de films (Manhee, accusée de malhonnêteté par sa patronne et renvoyée) mais leurs métiers ne sont qu’une toile de fond. Lorsque les deux femmes, Claire (Isabelle Huppert) et Manhee se rencontrent, il n’est presque jamais question de cinéma. En revanche La Caméra de Claire fait découvrir la vie de la Croisette. Celle des professionnels qui vont chaque jour aux projections presse : les petits cafés, les ruelles animées, la plage… Une chronique plus indirecte, mais originale.

Paradoxalement, les séries, qui ne sont pas les stars du Festival, lui accordent une jolie place. Le dernier épisode de la 4ème saison d’Entourage (« The Cannes Kids ») a été tourné pendant le 60ème Festival de Cannes, et l’on peut même y voir brièvement le journaliste Laurent Weil. Côté français, Dix pour Cent a également consacré le final de sa saison 2 à l’événement, s’inspirant du flop du discours de Sophie Marceau en 1999. L’épisode suit une Juliette Binoche dans son propre rôle, de l’essai de sa robe, à son envie pressante d’aller aux toilettes à quelques minutes de la remise du prix, pour se terminer dans une fête cannoise au bord d’une piscine comme on n’en voit plus guère. Une incursion réaliste et efficace dans l’envers du décor. Côté ciné donc, La Cité de la peur reste bien le meilleur regard sur l’événement et Simon (l’acteur campé Dominique Farrugia) peut vomir de joie en clamant « je suis trop content ! ».

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