Gloria Bell – La Moore toujours

Film. Avec cette chronique d’une femme seule sur fond de disco vintage,
Sebastian Lelio (Oscar du meilleur film étranger avec Une femme fantastique)
offre un rôle sur mesure à Julianne Moore. Présentation.

Par Jacques Braunstein

Temps de lecture 3 min.

Gloria Bell

Bande Annonce

Quinqua divorcée dont les enfants ont pris leur envol. Gloria écoute du disco à tue-tête dans sa voiture et sort régulièrement dans une boîte où des célibataires de son âge rejouent La fièvre du samedi soir de leur jeunesse. Ils dansent au son de « Ring My Bell » d’Anita Ward (1979) ou de « Gloria » d’Umberto Tozzi dans la version de Laura Branigam (1982). D’où le titre : Gloria Bell. Sa fille, prof de yoga va épouser un surfeur de grosses vagues scandinave, son fils (Michael Cera) a son bébé sur les bras pendant que sa femme multiplie les retraites dans le désert… Alors que Julianne Moore campe avec justesse cette néo-célibataire en mal d’amour.

Régressif à souhait,
à l’abri des réseaux sociaux
et des like

Gloria Bell, est le nouveau film de Sebastian Lelio, réalisateur chilien d’Une femme fantastique (Oscar du meilleur film étranger 2018) et de Désobéissance. (2018).

On retrouve dans Gloria Bell le rythme lent et l’attention au détail qui fonctionnait dans dans ses films précédents. Mais Une femme fantastique créait une sorte de suspens née de l’exotisme de la situation. Celle d’un travesti dont le compagnon meurt et qui se retrouve face à la famille bourgeoise de celui-ci. Que sait-on du statut des LGBT+ au Chili ? Où va nous emmener le récit ? Alors que Désobéissance était un mélodrame lesbien dans le milieu juif orthodoxe de Londres tout aussi exotique à nos yeux.
Rien de tout cela dans Gloria Bell, les américaines entre deux âges sont au contraire le sujet de nombre de films et séries du Tout ce que le ciel permet (1955) à Big Little Lies (2017), en comptant large.
Quand Gloria rencontre John Turturro, à moitié crédible en ancien Marine qui a lancé un parc de paint ball, il l’emmène à Las Vegas. Pourquoi cette femme cultivée accepte-t-elle de partir en week-end dans ce temple du faux-semblant ? Comme le film se traîne un peu, on se prend à chasser les incohérences. Pourtant, malgré ses lenteurs et ses limites, Gloria Bell est un joli portrait de femme… Son défaut principal étant que Sebastian Lelio semble ne pas en revenir de réaliser un film à Hollywood avec Julianne Moore. Ça va passer.

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