Dinard Film Festival, le palmarès

La 30e édition du Dinard Film Festival s’est achevée ce dimanche 29 septembre.
Et pour son anniversaire, le festival a récompensé du Hitchcock d’Or
et du prix du public The Keeper de Marcus H. Rosenmüller.

Perinne Quennesson

Temps de lecture 3 min.

Ce n’est pas si souvent qu’un film rallie à la fois les faveurs du jury et celles des spectateurs. Sauf à Dinard, cette enclave britannique ponctuelle sur la côte bretonne, où cela arrive régulièrement. The Keeper a fait l’unanimité, et pour cause le film raconte une histoire, vraie (et un peu romancée bien sûr), tout à fait étonnante. Alors qu’on pensait avoir fait le tour des anecdotes sur la Seconde Guerre Mondiale, saviez-vous que l’un des plus grands gardiens de but de l’équipe de Manchester City fut un ancien soldat nazi fait prisonnier pendant la guerre ? Et pourtant, c’est bien ce que nous raconte ce long métrage à la forme particulièrement classique, voire un tantinet surannée. On y suit Bert Trautmann, du champ de bataille à la gloire, en passant par un camp de travail britannique et son terrible drame familial. Mais ce qui intéresse le plus Marcus H. Rosenmüller, c’est avant tout l’histoire d’amour entre cet allemand et une jeune anglaise, bien campés par David Kross et Freya Mavor. Mais The Keeper s’avère plus pertinent encore quand il s’interroge sur la question du pardon. Est-ce que les exploits de Bert sont suffisants pour faire passer la rancœur d’un peuple meurtrie par la guerre ? Peut-on mettre de côté la douleur ? Un homme doit-il payer pour les crimes d’une nation ? Peut-on se pardonner à soi-même pour des actes passés ? Autant de variations qui parcourent ce film plaisant qui n’a malheureusement pas encore de distributeur en France.


Le festival a également été marqué par quelques autres belles projections. Pour n’en citer que trois : Peterloo  de Mike Leigh, l’autre grand nom du réalisme social anglais avec Ken Loach, offre un film de 2h34 sur le massacre de manifestants qui réclamaient pacifiquement plus de démocratie à Manchester en 1819. Un peu exigeant par sa durée et son dispositif basé sur les discours, le long métrage est cependant pile dans l’actu. Peterloo, le film définitif sur les Gilets Jaunes (avec 200 ans d’avance) ? Il n’a pas non plus de distributeur, un scandale pour un Mike Leigh !



The Virtues
de Shane Meadows : Le réalisateur de This is England a mis en scène cette mini-série de 4 épisodes, tous projetés à Dinard. Série forte et émouvante déjà primée à Série Mania, elle suit un homme brisé par son divorce et la séparation d’avec sa fille qui va revenir en Irlande sur les traces d’un passé douloureux. Ce n’est clairement pas la série la plus fun du moment mais surement l’une des plus fortes. Elle recèle néanmoins des moments drôles et touchant qui placent le cinéaste dans la lignée d’un Alan Clark, d’un Ken Loach et d’un Mike Leigh (on y revient). On attend, là aussi, qu’une chaîne se décide à l’acquérir.


Citons enfin Hope Gap  de William Nicholson qui s’intéresse à un vieux couple joué par Bill Nighy et Annette Bening (Les Arnaqueurs, American Beauty…). Leur vie bascule quand, du jour au lendemain, l’époux quitte le domicile pour partir avec une autre femme. Avec des dialogues forts et saupoudrés de poésie,  Hope Gap est bouleversant et capture à merveille l’horreur de la rupture et le trésor de la résilience. Distribué par Condor Films, ce film devrait, lui, arriver sur les écrans dès le premier semestre 2020.

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